Les Pionnières

Asmaa Niang, femme pompier et plus grande judokate de l’histoire du Maroc

Avec quatre titres internationaux à son actif, Asmaa Niang trône, à 36 ans, sur la catégorie des moins de 70 kilos. Prochain objectif pour celle qui a exercé le métier de pompier à Paris pendant 10 ans, les Jeux Olympiques de Tokyo, en 2020.

Née à Casablanca, d’un père sénégalais et d’une mère marocaine, Asmaa Niang arrive en France à l’âge de 12 ans. Elle découvre le judo sur le tard, à l’âge de 20 ans et après 13 années de pratique seulement, représente son pays natal, le Maroc, aux Jeux Olympiques.

Sous le drapeau du Maroc

Asmaa Niang aurait pu porter le kimono pour la France, le Sénégal mais c’est le Maroc, son pays natal qu’elle choisira de représenter au final. « C’est la maman qui a eu le dernier mot et [elle] ne regrette absolument pas [son] choix » confie-t-elle dans un article publié sur le site de la radio RFI.

Une décision qu’elle prend à l’âge de 28 ans et qui lui ouvre grand les portes des compétitions internationales, chose impossible si elle avait choisi d’endosser le drapeau français. En 2011, elle remporte la médaille d’or aux Jeux Panarabes, puis, les huit années suivantes, s’impose comme une référence du judo marocain et africain sur les podiums du continent.

Représenter le continent africain à travers le monde est pour elle une fierté. Et pour cause, elle est l’une des dernières judokates à briguer une médaille. « Je suis fière d’avoir ce poids sur les épaules. Il faut des titres internationaux pour que les jeunes judokas du continent se disent que tout est possible. » Et le chemin est encore long, car « le judo africain a 30 ans de retard, selon elle. J’espère qu’un jour il y aura davantage de structures, de formations et de pôles dédiés au sport en Afrique. A partir de ce moment-là, vous verrez, il n’y aura que des Africains sur les podiums » explique-t-elle à RFI.

Le 10 février 2019, elle participait ainsi au Paris Grand Slam, alias le Roland-Garros du Judo, où elle s’est imposée cinquième au terme d’un combat pour la troisième place perdu contre la Portugaise Barbara Timo. « J’ai tout donné. Je suis triste mais je vais garder le cap vers la compétition qui me tient le plus à cœur : les Jeux olympiques de Tokyo, en 2020 », annonce Asmaa Niang, infaillible. « J’ai une âme de guerrière et j’espère qu’à Tokyo, je remporterai la première médaille olympique du judo marocain », poursuit-elle.

Après Rio, direction Tokyo

Classée 9ème mondiale de sa catégorie, Asmaa Niang poursuit un« rêve olympique » et sacrifie tout pour le concrétiser, quitte à tourner le dos à la caserne de pompiers où elle officiait à Paris depuis 10 ans pour participer aux JO de Rio en 2014.

« Rio c’était un rêve d’enfant, Tokyo c’est un rêve d’adulte car je dois faire attention à ma santé. A mon âge, il faut que je préserve mon corps », souligne-t-elle à la Radio.

Et après Tokyo, quel avenir se profile pour cette judokate d’exception ?

« Mon rêve, c’est de m’investir pour le judo africain après avoir passé dix années à servir la France en tant que militaire avec les pompiers de Paris, et dix années à me battre pour le judo marocain » conclut-elle, déterminée.

 

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