En Société

Sapée comme jamais : Amina Maelainine défendue par Abdelilah Benkirane

Voilée au Maroc, dévoilée à Paris. Il y a quelques jours apparaissaient sur la toile des photos privées de la députée marocaine Amina Maelainine en vacances à Paris.

Jusque là tout va bien, à l’exception près que celle que l’on surnomme dans les médias « La pasionaria du PJD » en raison de ses positions ultra virulentes quand il s’agit de bienséance et de religiosité, s’affiche dévoilée.

Mieux encore, la députée nous gratifie d’une première photo prise en mode Marylin Monroe sur une bouche d’aération parisienne, devant le Moulin Rouge, à Pigalle… les cheveux aux vents, un beau sourire en prime. Sur une deuxième photo, celle-ci apparaît vêtue d’une mini robe sur la Place Vendôme.

 

Et pourquoi pas ?

C’est là que le bât blesse. S’il est entendu que ce cas de figure relève des libertés individuelles, au Maroc on grince des dents car ces prétendues libertés, loin d’être appliquées sous nos cieux, sont comme par enchantement brandies ailleurs.

Loin d’assumer ses prises de positions et les contradictions entre son image de députée du PJD et celle qu’elle est dans la sphère privée, Amina Maelainine avait tout d’abord réfuté la véracité de la première photo en dénonçant un photomontage. Elle menaçait alors de poursuites pour diffamation toute personne portant atteinte à sa vie privée et à sa famille en relayant ces photos « truquées ».

 

Benkirane, le nouveau chantre des libertés individuelles

 

Malmenée par l’opinion publique, la députée s’est fendue d’un post sur son compte facebook dans lequel elle cite les propos que lui aurait tenu l’ex-secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane et ancien chef de gouvernement et accessoirement celui pour lequel elle a toujours nourri une franche admiration.

« Je te reproche le fait de ne pas être venue me voir durant cette polémique pour te concerter avec moi. Et si tu m’avais demandé conseil, je t’aurais répondu que au delà de la véracité ou pas de ces photos, il fallait répliquer à tes détracteurs que le fait d’enlever le hijab à l’étranger ne concerne que toi.Tu es libre et c’est une affaire personnelle » lui aurait ainsi déclaré Abdelilah Benkirane

Et de poursuivre : «Toute femme est libre de ses choix. Oter le voile à l’étranger et le mettre au Maroc est une liberté individuelle. Si ton mari n’apprécie pas tes choix, qu’il divorce. Si tu enfreins la loi, qu’on te juge. Si tu violes le règlement intérieur de ton parti, que les responsables te sanctionnent. Mais, puisque le port du «foulard» n’est assujetti à aucun de ces facteurs, il s’agit donc d’une affaire personnelle qui ne dépend que de toi»

Prenant l’exemple de sa fille, il aurait ensuite déclaré «Si ma fille venait me dire qu’elle souhaitait enlever son foulard, je lui dirais cela ne regarde qu’elle.»

J’ai souvent déclaré que le voile ne constituait pas une condition pour les femmes pour adhérer et militer au sein de notre parti. Nous avons d’ailleurs cherché des femmes qui ne portent pas de voile pour qu’elles soient candidates au sein du PJD».

«J’ai de tout temps soutenu que le voile n’est pas une condition pour que les femmes intègrent le PJD. Nous voulions d’ailleurs attirer des femmes candidates non-voilées au sein du parti », poursuit-il.

Pas surprise par ce soutien, Amina Maelainine reconnaît là l’étoffe d’un homme « habitué à gérer les batailles» et dont les propos « reflètent son ouverture d’esprit».

On aura décidément tout vu et tout entendu, tant l’affaire Amina Maelainine fait sortir les PJDistes de leurs retranchements et les pousse à affronter leurs propres contradictions. Quitte à épouser les positions et le discours des « modernistes » et des féministes laïques.

 

 

 

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