Tunisie : Top départ des « Journées féministes maghrébines » dédiées à la mémoire de Fatima Mernissi

A l’heure où l’extrémisme occupe la une des médias et cristallise nos peurs, où les droits des femmes sont remis en question par certains, où le féminisme semble perdre du terrain face à des débats sociétaux régressifs, les maghrébines se sont réunies autour d’un très beau projet dédié à la mémoire de la grande Fatema Mernissi.

Le club Tahar Haddad à Tunis accueillera ainsi, vendredi et samedi, les « Journées féministes maghrébines » dédiées à la mémoire de Fatima Mernissi, sociologue et activiste féministe marocaine, décédée le 30 novembre 2015 à Rabat.

Cet événement, organisé à l’initiative d’un collectif de féministes maghrébines tunisiennes, algériennes et marocaines, vise à rendre un hommage à Fatima Mernissi, qui a influencé la pensée féministe maghrébine des années 1980-1990. Il s’agira ainsi dans un premier temps d’adopter une démarche scientifique pour aborder l’œuvre de Mernissi ainsi que la pensée féministe maghrébine des années 1980-1990 et enfin de se pencher sur l’avenir du mouvement féministe dans la région. Des tables rondes seront, à cet effet, organisées autour des thèmes « lectures plurielles dans l’œuvre de Fatima Mernissi » et « le développement de la pensée féministe au Maghreb dans les années 1980/1990 ».

Le deuxième volet de ces rencontres adoptera quant à lui une démarche artistique et proposera ainsi à voir une exposition « hommage à Fatima Mernissi », des lectures théâtrales d’extraits de l’œuvre de Mernissi et un récital de musique et chants avec les artistes Lobna Noomane et Mahdi Chakroun.

Fatima Mernissi en bref:

Fatima Mernissi est née en 1940 à Fès dans une famille de la grande bourgeoisie marocaine. Professeur de sociologie à l’Université Mohamed 5 de Rabat, elle sera à la fois le témoin privilégié de la montée des mouvements féministes Maghrébins et arabes et actrice majeure du changement en publiant une oeuvre foisonnante dédiée  aux problématiques liées à la femme, à la sexualité et au pouvoir en Islam. Ses écrits et sa force de conviction ont aidé à l’émergence de la voix féminine arabe. En marge de sa carrière littéraire, son combat pour le féminisme s’est également à travers des actions de soutien à la société civile. Elle a ainsi fondé les « caravanes civiques », et le collectif « femmes, familles, enfants » et a animé plusieurs ateliers d’écriture à Tunis et à Rabat.

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