Le musée Yves Saint Laurent Marrakech prend forme

Dédié au couturier et à son œuvre, le musée Yves Saint Laurent Marrakech (mYSLm) ouvrira ses portes au Maroc à l’automne 2017. Il abritera une partie de la collection de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, qui comprend 5 000 vêtements et 15 000 accessoires haute couture, ainsi que des dizaines de milliers de dessins et objets divers, aujourd’hui conservés à Paris.

La conception de ce projet a été confiée au cabinet d’architectes français Studio KO, fondé par Olivier Marty et Karl Fournier, qui a réalisé de nombreux projets résidentiels et publics tels que les Villa E ou K au Maroc, l’hôtel Chiltern Firehouse à Londres et la nouvelle boutique Balmain de New York.

Situé Rue Yves Saint Laurent, à proximité du célèbre Jardin Majorelle, ce nouveau bâtiment d’une surface totale de près de 4 000 m2 est plus qu’un simple musée. Il comprend un espace d’exposition permanente de 400 m2, présentant l’œuvre d’Yves Saint Laurent dans une scénographie originale de Christophe Martin, une salle d’exposition temporaire de 150 m2, un auditorium de 130 places, une boutique-librairie, un café-restaurant avec terrasse et une bibliothèque de recherche de 5 000 ouvrages. Celle-ci concerne la littérature, la poésie, l’histoire et la géographie andalou-arabe, la botanique, la culture berbère, l’œuvre d’Yves Saint Laurent et la mode.

C’est en parcourant les archives du couturier que Studio KO s’est intéressé à la dualité entre courbes et lignes droites, la succession des déliés et de coupes franches. De l’extérieur, le bâtiment se présente comme un assemblage de cubes, habillés de façon allégorique d’une dentelle de briques, motif qui rappelle la trame d’un tissu. L’intérieur, telle une doublure de vêtement, est radicalement différent : velouté, lisse et lumineux.

Composé de terre cuite, béton, granito teinté de terre et de fragments de pierres du Maroc, le bâtiment s’inscrit harmonieusement dans son environnement. Les briques en terre cuite qui parent toute la façade extérieure sont constituées de terre du Maroc et ont été fabriquées par un fournisseur local. Le granito en façade et au sol est constitué d’un agrégat de pierre et marbre locaux.

Des mesures particulières de conservation des textiles ont été mises en place par la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent qui œuvre depuis plus d’une décennie pour la préservation du patrimoine du couturier. En collaboration avec X-Art, spécialiste de la conservation préventive, une installation importante de traitement d’air, de contrôle de température et d’hygrométrie garantit les meilleurs moyens de conservation des collections et des livres rares dans les réserves du sous-sol ou les espaces d’exposition.

L’acoustique de l’auditorium, pensée par les architectes, en tandem avec Theatre Projects Consultant, permettra l’organisation de concerts, de projections de films et de colloques dans un espace sonore isolé de l’extérieur. L’éclairage a fait l’objet d’une étude spécifique menée par l’éclairagiste I.C.O.N., concernant aussi bien les espaces extérieurs et intérieurs du musée que les éclairages scéniques des salles d’exposition.

L’ouverture du bâtiment à Marrakech sera concomitante avec celle d’un musée Yves Saint Laurent à Paris. L’ancienne maison de couture et actuel siège de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent au 5 avenue Marceau accueillera le projet dont les travaux d’aménagement sont sur le point de commencer.

La Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent

Yves Saint Laurent et Pierre Bergé ouvrent leur maison de haute couture 30 bis rue Spontini en 1962. Ils y resteront douze années durant lesquelles Yves Saint Laurent inventera le vestiaire de la femme moderne. Ils s’installent au 5 de l’avenue Marceau en 1974, dans un hôtel particulier Second Empire. C’est ici qu’Yves Saint Laurent affirmera son style, jusqu’en 2002, année où il met fin à sa carrière.

Ouverte en 2004 dans l’ancienne maison de couture Yves Saint Laurent, la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent repose sur ces 40 ans de création. Reconnue d’utilité publique, elle a trois missions principales :

  • La conservation, selon des critères muséologiques rigoureux, d’un patrimoine unique comprenant 5 000 vêtements de haute couture, 15 000 accessoires, ainsi que des dizaines de milliers de croquis, planches de collections, photographies, articles de presse et documents divers.
  • L’organisation d’expositions, à la fois dans les espaces du 5 avenue Marceau et dans les musées du monde entier, qui contribuent au rayonnement de l’œuvre d’Yves Saint Laurent.
  • Le soutien d’institutions et de projets culturels.

 

Studio KO

À l’origine de la création de Studio KO, les architectes Karl Fournier et Olivier Marty essaiment depuis plus de dix ans leurs projets en Europe, du Maroc aux confins de l’Afrique ou en Amérique. Le tandem créatif y impose un esprit où l’éclectisme des styles répond à une démarche à chaque fois singulière, développant dès ses débuts son propre art de la narration, dont l’espace, la lumière et les matières constituent la grammaire essentielle. Lieux publics, résidences privées, maisons contemporaines enchâssées dans des écrins naturels, chacun des projets est prétexte à jouer. À révéler. Pas de page blanche, mais un fil que les architectes remontent pour mieux souligner la singularité d’un projet, et la manière unique dont il sera vécu ou habité. Qu’il s’agisse d’un hôtel londonien ou d’un monolithe de pierres posé sur la colline, le contexte est la matrice. Archéologie, environnement, topographie, chaque contrainte du site est l’un des éléments de l’équation créative d’une architecture. Esprit des lieux, trame narrative d’une histoire à créer, rencontre et partage avec un client visionnaire, c’est la même poésie sur mesure qui s’incarne dans les intérieurs, publics comme privés. Antithèses mélodiques, anagrammes, rimes ou rébus, Studio KO joue avec la matière comme on joue avec les mots, réinventant les sens qu’elle éveille et la manière dont elle est perçue. Ici, une surface vernissée se pare de l’éclat du mat. Là, le multicolore devient subitement monochrome. Les noirs sont solarisés, le feu dessine des ombres précieuses, les étoffes affichent la surprise d’une trame renversée. Des effets surprenants, habilement contrebalancés par la maîtrise des savoir-faire traditionnels, entre pauvreté savante et luxe tamisé.

Le lien de ces extrémités du spectre, un rapport apaisé à l’histoire. Savoir retrouver les résurgences du passé pour pouvoir les détourner, ou mieux s’en affranchir, c’est pour Studio KO la définition de la modernité.

http://www.studioko.fr

http://www.jardinmajorelle.com

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