Fatim-Zahra Ammor, la challengeuse

Une femme droite dans ses bottes, en accord avec elle-même, aussi dynamique que rigoureuse et qui fait passer son bien-être et celui de ses proches avant toute chose… Fatim-Zahra Ammor porte sur le monde qui l’entoure un regard lucide. A 48 ans, elle affiche une carrière à en faire pâlir de jalousie plus d’un et pour cause, aucun plafond de verre ne peut l’arrêter ! Rencontre avec une femme de trempe.

Il est 13 heures. Fatim-Zahra Ammor est à l’heure. Comme d’habitude, ai-je envie de dire, car contrairement à certains compatriotes qui semblent penser que le nombre de minutes de retard qu’on affiche à un rendez-vous est signe d’importance de la personne, la femme avec qui je déjeune aujourd’hui est d’une ponctualité digne d’une horloge suisse. Un détail insignifiant ? Non loin de là. Dans le cas de Fatim-Zahra, c’est révélateur d’une personnalité qui tient la rigueur pour valeur sacrée. Soucieuse du moindre détail, perfectionniste et intransigeante face à la médiocrité… Autant de qualités professionnelles qui découragent les moins compétents et en font une personne de confiance. L’une de celles sur qui l’on peut compter en toute circonstance. L’une de celles à qui les challenges ne font pas peur.

La méritocratie au féminin

 Gravir des montagnes, dans des circonstances difficiles et en un temps record ne la décourage donc pas, bien au contraire. Alors quand on lui confie le commissariat du Pavillon du Maroc lors de la dernière exposition universelle qui a ouvert ses portes à Milan en Mai 2015, elle accepte sans hésiter. Et pourtant, elle n’a que quelques mois pour relever cet énorme défi ! Car faut-il encore le savoir, un commissaire d’exposition dispose normalement de quelques années pour concevoir un tel projet.

Une première historique pour le Maroc, Fatim-Zahra Ammor est la première femme commissaire d’un pavillon. A travers sa nomination, le Maroc envoie au monde un beau message d’ouverture d’esprit, à l’heure où la culture arabo-musulmane est mise à mal et souffre d’une image rétrograde, quant aux droits des femmes notamment.

En l’espace de quelques mois, elle constitue des équipes de professionnels, avec lesquelles elle conçoit le pavillon du Maroc ainsi que sa programmation pour une durée de six mois. Pour ficeler ce vaste programme et s’assurer du bon déroulement du chantier et des négociations avec les prestataires italiens, elle multiplie les aller-retour entre Casablanca et Milan pendant plusieurs mois. Un travail colossal qui est d’ailleurs toujours en cours à l’heure actuelle. En effet, le montage du pavillon prend tout autant de temps que son démontage et depuis le mois de novembre 2015, date à laquelle l’exposition universelle a fermé ses portes, Fatim-Zahra supervise ce nouveau chantier titanesque…

 

Le challenge pour adrénaline

Pour mener à bien ce projet, cette femme de défi multiplie les casquettes avec une aisance déconcertante. Si elle ne s’arrête pas à l’ampleur du chantier qui lui est confié, c’est parce qu’à son sens, quand on est rigoureux et bien organisé, on peut venir à bout de tout ! Qu’il s’agisse du Festival Timitar qu’elle dirigera depuis sa création à Agadir en 2004, en passant par les postes à responsabilités qu’elle occupera tout à tour à Procter & Gamble ou à Akwa Group… Pour Fatim-Zahra, il s’agit presque de la même chose. Passer du temps avec cette femme de caractère que rien n’arrête procure donc les mêmes effets qu’une séance de coaching tant sa motivation vous gagne et qu’au sortir d’une discussion avec elle, vous aurez l’impression d’avoir mangé du lion.

N’allez pas croire pour autant que son ambition passe avant toute chose, bien au contraire. Epouse et mère de deux enfants, c’est sa famille et son bien être qui sont aujourd’hui prioritaires. Désormais, son temps, elle préfère de loin en jouir auprès de ses proches qu’à multiplier les projets, car après 25 ans de bons et loyaux services à des postes clés dans de grands groupes, elle est bien décidée à s’écouter elle-même.

A 48 ans, Fatim-Zahra Ammor est une femme accomplie, épanouie qui s’envisage de beaucoup de manières. Ses enfants partis étudier à l’étranger, elle pourrait rester au Maroc, certes, et continuer sur sa lancée. Mais c’est mal la connaître… s’envisager sous d’autres cieux, tout recommencer à zéro, voilà le challenge qui lui fait les yeux doux en ce moment. Rester dans sa zone de confort, très peu pour elle !

 

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