L’actrice d’origine marocaine Ronit Elkabetz s’est éteinte à 51 ans

 

C’est une grande perte pour le monde du cinéma que celle de l’actrice Ronit Elkabetz, qui a succombé à un cancer à l’âge de 51 ans.

Née en 1964 en Israël d’un père financier dans les postes israéliennes et d’une mère coiffeuse, tous deux originaires d’Essaouira, au Maroc, Ronit Elkabetz est la fille ainée de cette modeste famille de quatre enfants. Après avoir suivi des études de stylisme, elle entame une carrière d’actrice et se fait très vite remarquer pour son jeu remarquable. Bien que célèbre en Israël, elle décide pourtant de tout quitter pour gagner la France où elle est inconnue. Pour vivre dans ce pays dont elle ne parle pas la langue, elle fait la plonge. « Pendant que je briquais, mon téléphone sonnait. On me proposait de faire Lady Macbeth ou Cléopâtre en Israël. C’était très irréel ce double emploi : une vie de femme de ménage que j’avais choisie, tandis qu’en Israël, on continuait de me parler comme à une star. (…) Sans la connaître, j’étais amoureuse de cette culture, et je savais que pour progresser, il fallait que je la rencontre de près. (…) De toute manière, aussi bien en tant qu’actrice que comme cinéaste, je n’ai pas suivi de formation» se confiait-elle dans une interview.

Elle se fera remarquer par la suite dans un spectacle sur la vie de la chorégraphe Martha Graham ou dans cet autre rôle intense dans « Origine contrôlée », dans lequel elle incarne un travesti. En Israël, elle incarnera toujours de grands rôles comme celui de la mère divorcée et amante passionnée dans « Mariage tardif », de la prostituée dans « Mon trésor », ou de la patronne de café au grand coeur dans la « visite de la fanfare ». Autant de rôles et de films primés dans différents festivals.

Coscénariste en 1994 de « La cicatrice » de Haim Bouzaglo, elle endosse la casquette de réalisatrice en 2004 avec « Prendre femme », premier volet d’une trilogie, qu’elle coréalise avec son frère Shlomi Elkabetz. Le dernier volet de cette trilogie, le procès de Viviane Amsalem, qui faisait suite à « les sept jours » avait été nominé dans la catégorie film étranger pour les Golden Globes 2015.

Elle se fera aussi connaître en France en, 2009 dans un second rôle que lui offre André Téchiné en 2009 dans « La fille du RER » aux côtés de Catherine Deneuve, et dans « Cendres et sang », réalisé par Fanny Ardant. Dans « Tête de truc », réalisé par Pascal Elbé ou encore « Les Mains libres » de Brigitte Sy, elle campera cette fois-ci le premier rôle.

Depuis l’annonce de la disparition de cette fabuleuse actrice, épouse et maman de deux enfants, les hommages se pultiplient. Je retiens et partage avec vous celui que lui a dédié ce matin Abdellah Taïa, auteur et réalisateur marocain : « L’extraordinaire actrice israélienne (d’origine marocaine) RONIT ELKABETZ est décédée ce matin… Je l’adorais. Je l’admirais. Je vibre fort-fort à chaque fois que je vois un de ses films. Je l’ai rencontrée plusieurs fois à Paris. On avait un projet de livre ensemble. Et elle voulait que je l’emmène au Maroc, à Essaouira… Je suis incroyablement triste… Regardez son film « Prendre femme » ou bien « Mon trésor »… Ou bien « Les 7 jours »… Salam tendre-tendre à ton âme, ma chère Ronit… Je ne t’oublierai jamais, jamais… Salam… Salam… Abdellah Taïa »

 

 

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