Une femme normale

Ce mois d’octobre représente, pour nous,les Marocaines, un symbole fort de la lutte du mouvement féministe pour les droits des femmes. Il y a 10 ans, le 10 octobre, un discours prononcé par le roi Mohammed VI se voulait porteur d’espoirs et annonçait des lendemains meilleurs… Ce jour-là, le souverain nous a promis un avenir où la femme aurait toute sa place, et il a tenu parole.

Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. Nous avons acquis des droits fondamentaux, nous nous sommes hissées aux plus hauts postes, nous avons apporté à la société notre touche féminine et à vrai dire, nous n’avons plus rien à prouver ! Qu’on soit femme au foyer ou active,nous avons aujourd’hui le choix. À nous de tracer notre route, n’en déplaise à certains.

Il est loin le temps des féministes qui battaient le pavé, tracts à la main, pour réclamer des droits. Aujourd’hui,on ne se contente plus d’un alinéa qu’on abroge dans un article de loi. Désormais, les peshmergas, ces femmes kurdes qui ont pris les armes contre les combattants d’un prétendu État islamique,symbolisent plus que jamais la lutte des femmes dans le monde, ou du moins dans notre univers arabo-musulman. Face à l’obscurantisme et à la montée en puissance de valeurs extrémistes meurtrières, les femmes sont passées à l’action, elles aussi, pour combattre l’ennemi aux côtés des hommes et défendre leur famille et leur patrie. Si le féminisme n’est pas le moteur d’un tel passage à l’acte, c’est bien la décision ferme d’être actrice du changement en se positionnant de fait en tant qu’égal de l’homme qui est à l’origine d’une telle révolution.

Plutôt que de nous complaire dans un statut de minorité,prenons conscience que sans nous, l’humanité ne serait pas et que les rouages de notre société ne tourneraient pas rond. Économie, politique, recherche,sciences… tous ces domaines attribués d’emblée aux hommes ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui sans des femmes. Aujourd’hui, nous sommes à la NASA,dans les médias, aux commandes de grandes compagnies,nous siégeons au gouvernement, nous occupons les plus hautes instances du pouvoir et nous ne nous contentons plus d’être la femme qui se cache derrière tout grand homme. Des compétences, nous en avons,à nous de nous battre pour les faire valoir et de profiter de l’occasion qui nous a été donnée, à nous, les Marocaines,de prendre ce qui nous revient de droit.

Plus que jamais, notre magazine s’inscrit dans ce changement et se veut le porte-voix de ces femmes qui font bouger les choses. Non pas pour mettre en lumière une minorité ou une élite, mais bien pour affirmer une normalisation de la condition des femmes. Une journée dans l’année ne nous suffit pas, car nous sommes là et bien là les 364 autres.

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