Bethany Hamilton, le surf comme religion

A 13 ans, Bethany Hamilton a vécu un cauchemar. Alors qu’elle surfe chez elle, à Hawaii, un requin lui arrache un bras… Un mois plus tard, elle est à nouveau dans l’eau. A 23 ans, elle découvre le Maroc en participant au Rallye Aïcha des Gazelles en 2013. Rencontre…

 

Vous êtes connue mondialement pour vos prouesses de surfeuse et on vous découvre aujourd’hui en pilote de course du Rallye Aïcha des Gazelles. Qu’est-ce qui vous a décidé à participer à cet événement ?

Bethany Hamilton : Mon principal intérêt à faire cette course est qu’elle se passe au Maroc. J’ai toujours voulu y venir pour surfer, découvrir la culture de ce pays. De plus, l’idée de faire un rallye m’a beaucoup emballée. La moitié des routes à Hawaii sont sales et impraticables, donc on peut dire que je suis habituée à conduire sur des surfaces difficiles, mais de là à dire que je suis une professionnelle du volant… C’est donc un vrai challenge pour moi.

Comment avez-vous entendu parler de cette course ?

Je n’en avais jamais entendu parler, ni d’aucune autre course de voitures d’ailleurs, car je ne m’intéressais pas à ce type d’événement jusqu’à présent. Mais il se trouve que le photographe Dan Campbell, qui vit près de chez moi et qui m’a filmée plusieurs fois en train de surfer, a aussi eu l’occasion de couvrir le rallye. C’est lui qui m’en a parlé, et l’idée d’y participer m’a beaucoup excitée.

Quel challenge ce rallye représente-t-il pour vous ?

Je pense que la partie la plus dure de ce rallye est mentale, surtout quand on est dans la course depuis une semaine et qu’il reste encore trois jours à faire… Cela doit devenir très dur ! Et puis, pour moi, être loin de l’océan est un vrai défi.

Avez-vous pris votre planche de surf avec vous ?

Oui, mais elle a été perdue pendant le voyage! J’espère la récupérer avant de partir.

Malgré votre accident, vous avez continué de concourir dans des championnats internationaux de surf et à vous hisser aux premières places du podium. Qu’est-ce qui vous a donné la force de continuer malgré tout ?

C’est véritablement ma foi en Dieu qui m’a sauvée. Il m’a donné la chance de grandir dans une famille formidable qui m’a apporté tout son soutien dans cette terrible épreuve. Le plus dur était bien sûr de perdre mon bras et d’exorciser ma peur des requins, mais d’un autre côté, j’ai aussi dû affronter la renommée et ça, c’était loin d’être facile. J’ai grandi dans une toute petite ville, un style de vie humble et du jour au lendemain, la célébrité a frappé à ma porte et tout le monde s’est intéressé à moi. Puis, j’ai écrit un livre sur ma vie et tout a été très vite. C’est très dur à gérer. Je n’ai jamais cherché à attirer l’attention sur moi et j’ai toujours été partisane d’une existence simple. C’est donc un gros challenge pour moi, mais je dois y faire face comme pour tout le reste. Quelque part, ma vie est une course mais je suis un humain, je fais aussi des erreurs, et il faut que je me batte pour m’en sortir. Mais je suis heureuse, quoi que je fasse, quoi que je traverse. Certains jours sont mauvais, d’autres sont meilleurs, le tout, c’est d’être reconnaissant de ce qu’on a.

Pensez-vous que des choses positives vous sont arrivées grâce à cet accident ?

Oui, absolument ! Les gens que je rencontre me disent généralement : “Mais pourquoi Dieu a-t-il permis qu’une telle chose arrive à une jeune personne ?” Et je réponds qu’il a tourné quelque chose de terrible en quelque chose de beau, juste du fait que je puisse partager mon expérience, ma vie avec d’autres personnes, avec des jeunes filles qui ne savent pas quoi faire de leur vie, qui manquent de confiance en elles, d’estime de soi… Je leur prouve qu’on peut dépasser les épreuves dans la vie. Le fait que je puisse leur faire voir les choses différemment est génial !

Donc, d’après vous, nous avons tous une mission sur terre ?

Une chose que j’aime particulièrement me dire est que nous avons tous quelque chose d’unique à partager. Dans ce rallye, par exemple, je suis sûre que la centaine de femmes qui y participe a vécu des choses extraordinaires. C’est en les partageant avec les autres qu’on s’aide à devenir meilleurs les uns les autres.

Pourriez-vous imaginer votre vie sans surf ?

Oh non, non, non… Je ne peux pas imaginer cela !

Si vous deviez tout recommencer, vous feriez les mêmes choix ?

Oui, à l’exception d’une chose. C’est que j’apprendrais à mieux communiquer avec les autres. Parfois, on se laisse marcher dessus ou on peut aussi blesser les gens en communiquant mal avec eux.

Votre philosophie de vie ?

Aimer Dieu, aimer les autres, s’aimer soi-même .

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